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Monrepos, à une lieue de la ville, les assassins convinrent entre eux qu’il fallait y aller le tuer, présumant que Boyer se trouverait à ses funérailles et qu’alors ils pourraient effectuer leur projet contre lui. Ils convinrent en outre, qu’Etienne Manga se rendrait de suite sur sa propriété située dans les montagnes de Léogane, à la section du Beauséjour, pour soulever les cultivateurs de ce lieu ; qu’Augustin Gabriel, après la mort de Boyer, irait avec d’autres conjurés (ils étaient assez nombreux) s’emparer des sommes monnayées que le gouvernement avait fait déposer dans un magasin de la ville Pétion. Raymond et Desfontaines se chargèrent d’assassiner le général Inginac.

Les antécédens connus de ces quatre conspirateurs sont : que Raymond était un ancien sergent-major au 8e régiment ; Etienne Manga, ancien sergent, et Desfontaines, ancien soldat de la garde du Président ; et Augustin Gabriel, de la classe civile. Par suite de révélations faites, d’autres complices furent impliqués dans cette conspiration : c’étaient Cadet Corvel, Augustin Mercier, Michel Abraham, Romain et Chavanes, anciens chefs de bataillon au 11e régiment, le capitaine Bois, de la gendarmerie, le capitaine Hyppolite, de la garde, et d’autres encore dont les noms nous échappent. Deux femmes y figuraient aussi : Justine, concubine de Raymond, Sannite, concubine d’Augustin, et leur jeune fils nommé Numa.

Raymond, Desfontaines, Cadet Corvel et Michel Abraham se rendirent, dans la soirée du 1er mai, chez Justine qui demeurait tout près de l’habitation Monrepos. Là, ils imaginèrent d’écrire une lettre qui serait attribuée au colonel Lamarre, du 21e régiment de Léogane, par laquelle ce colonel informerait le général Inginac, commandant de cet arrondissement, que des troubles civils se manifestaient à