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au devant de l’armée populaire, il avait fait mettre en liberté toutes les personnes qui étaient détenues par ses ordres dès le début de l’insurrection et successivement. En demandant « respect pour les personnes et les propriétés, » au moment de traiter de la paix, il en traçait l’exemple.

Le chef d’exécution qui avait eu ses raisons pour ne pas traiter sur ces bases, dès son entrée aux Cayes, ordonna l’arrestation et l’emprisonnement de plusieurs officiers supérieurs ; 1° du général Riche qui n’avait eu d’autres torts en ces circonstances, que d’avoir montré une grande activité, comme militaire, à exécuter les ordres de ses supérieurs ; mais qui payait ainsi la mauvaise réputation qu’il s’était faite sous le règne affreux de H. Christophe : car, pourquoi Solages et les autres généraux qui combattirent à la Ravine-des-Sables et au Numéro-Deux, ne furent-ils pas emprisonnés ? 2° du chef de bataillon Lambert qui, en 1842, avait été l’un des signataires de la protestation dirigée contre les élections de la capitale, et qui se distinguait par son dévouement au gouvernement qui l’avait accueilli à son arrivée de l’étranger.

Nous ne citons que ces deux hommes, et nous enregistrons encore l’acte le plus inconséquent, le plus injuste et le plus impolitique que le général R. Hérard ait rendu, parmi tant d’autres, dans l’exercice de son pouvoir dictatorial : — le décret du 10 mars par lequel, après avoir ouï la délibération du « comité régénérateur, » il déclara nuls et non avenus tous brevets, commissions, diplômes, lettres de service délivrés par Boyer, à partir du 15 janvier dernier, comme impopulaires et liberticides. » Nous nous abstenons de reproduire le « considérant » qui accompagnait cet acte étrange, dans le temps où les grades militaires les plus élevés étaient accordés avec profusion à des hommes, à des