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Aussitôt que l’on apprit que l’armée populaire approchait, une agitation toute naturelle eut lieu dans la ville des Cayes, les troupes se préparant au combat, les familles en redoutant l’issue. À cinq heures de l’après-midi, le général Borgella fut avisé par le colonel Augustin Cyprien, que le général Lazare pénétrait dans la plaine par la route des Coteaux. Les troupes du général R. Hérard s’avançaient déjà de tous côtés pour environner la place, par l’habitation O’shiel et par la route du cimetière, les communications s’établirent de suite entre elles et la ville, par des canots qui traversaient la rivière de la Ravine et par d’autres points. Afin d’éviter une collision désormais inutile, puisqu’on traitait de la capitulation de la place, Borgella avait recommandé au colonel Chardavoine d’engager le général R. Hérard à donner l’ordre à ses troupes de ne pas tenter d’y pénétrer.

À 6 heures du soir, plusieurs officiers d’artillerie vinrent déclarer à Borgella, que les militaires de ce corps avaient abandonné les canons de l’arsenal, parce que le colonel Toureaux, porté à une fâcheuse exaspération, menaçait de faire sauter ce dépôt de poudre et d’armes. Colonel de ce corps, il avait toujours vécu en mauvaise intelligence avec le chef de bataillon Rivière Hérard, et directeur de l’arsenal, il conçut cette coupable pensée pour ne pas se soumettre au général de l’armée populaire.

Il aurait dû considérer que l’arsenal était un établissement public, une propriété nationale dont il ne pouvait disposer par la destruction, un tel événement devant en outre occasionner celle des propriétés privées contiguës,

    République d’Haïti en celle de « République Haïtienne, » le chef de l’Opposition créa malgré loi une « République Dominicaine » fur le territoire de l’île. Il ignorait les idées et les vrais sentimens qui existaient depuis quelque temps dans les départements de l’Est.