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munication, tant pour les citoyens eux-mêmes que pour Borgella et ses troupes, du Manifeste révolutionnaire dont on parlait beaucoup, afin de savoir sur quelles bases on se proposait de « régénérer le pays : » ce qui prouve que bien des personnes, aux Cayes mêmes, n’en avaient jamais eu connaissance. Une sorte de fin de non-recevoir fut donnée à ce sujet par rapport au général Borgella personnellement ; car on prétendait, à tort, qu’il lui en avait été donné communication avant la prise d’armes de Praslin. Toutefois, la députation revint en ville avec ce document, chargée, de la part du général R. Hérard, de demander les conditions proposées pour la capitulation de l’armée du gouvernement. En sa présence excelle du conseil de guerre réuni de nouveau, le général Borgella fit donner lecture du Manifeste et des conditions qu’il mettait à son adhésion, lesquelles il avait fait écrire d’avance. Les voici :

« Le général de division Borgella, etc., assisté de son conseil de guerre, après avoir pris connaissance du Manifeste contenant les réclamations du peuple, déclare l’accepter et propose aux chefs de l’armée qui s’avance, une fusion, un renouvellement de fraternité, aux conditions suivantes :

» Respect pour les personnes et les propriétés. Que nulle vengeance ne soit faite au profit des haines particulières. Que personne ne soit recherché, ni incriminé pour ce qu’il a dit ou écrit durant ces temps de troubles. Que chacun conserve son libre arbitre, c’est-à-dire, la faculté de prendre part aux événemens ou de se retirer. Enfin, que les troupes de l’Ouest, qui sont actuellement en cette ville, puissent s’en retourner dans leurs foyers.

» Le général répète qu’il se soumet aux volontés du peuple, parce qu’il ne voudrait point qu’il y eût encore une seule goutte de sang de versée. Son patriotisme et