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séquence de la conduite de cet officier supérieur, qui était destiné cependant à réparer glorieusement un jour les torts qu’il a eus à cette époque reculée, en gouvernant son pays avec intelligence et équité !

Le général Solages fut donc envoyé pour remplacer Riche. Il partit des Cayes le 20 février, avec le colonel Souffrant et le 26e régiment, le colonel Cadet Lelièvre et la garde nationale d’Aquin qu’il commandait, emportant à Cazeau le brevet de « général de brigade » que Borgella venait de recevoir pour lui du Président : récompense que ses anciens services auraient dû obtenir déjà et qu’il méritait par la belle conduite qu’il avait tenue en refusant le grade divisionnaire qui lui fut offert par les insurgés.

Des délais s’étaient écoulés pour opérer ce changement dans le commandement des forces qui allaient marcher de l’Anse-d’Eynaud contre Jérémie. Il y avait encore une vingtaine de lieues à parcourir pour arriver à cette ville, et Solages devait rencontrer les insurgés en position avait d’y parvenir ; car le général Lazare avait pu se porter à sa rencontre, par les événemens qui s’étaient passés à Lesieur.


Lorsque Lamarre reçut l’ordre de marcher contre Jérémie, il se trouvait malade au point de ne le pouvoir pendant une huitaine de jours. Le colonel Désiré, de son côté, était forcé d’attendre son mouvement pour opérer le sien ; cependant il se porta jusqu’à la rivière Glace, dans la route du Plymouth.

Durant ce temps, le général R. Hérard, revenu à Jérémie avec Lazare, avait pu arriver le 20 février, avec des troupes du côté de Pestel ; et les succès de l’insurrection avaient été préparés déjà par le plus brillant de ses offi-