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Borgella envoya ce général prendre le commandement de ces forces ; il se plaça au Camp Périn qu’il fit fortifier ; il établit divers autres postes, avec cette intelligence de la guerre et cette activité qui le distinguaient.

Le 5 février, Borgella publia un nouvel ordre du jour dans lequel il relatait les faits survenus jusqu’alors, et les dispositions qu’il avait prises contre l’insurrection, en sa qualité de commandant du Sud. Il disait aux troupes et aux citoyens : « J’attends de chacun de vous, une nouvelle preuve de l’attachement que nous portons au chef de l’Etat, qui est la personnification du système, qui a réuni tous les fils d’Haïti sous une même bannière, qui assure à chacun la libre jouissance de ses biens. Respect aux propriétés, pardon aux victimes de l’erreur ; mais justice implacable contre les méchans et les pervers. »

Cet ordre du jour lui fut amèrement reproché plus tard, parce qu’il y qualifiait R. Hérard d’infâme, après avoir dit qu’il était « traître à la patrie et perfide. » Mais le chef d’une révolte ou d’une insurrection qui n’est pas encore une révolution par son succès, ne peut être traité autrement. Qu’on lise aussi le Manifeste du 1er septembre 1842 et les actes des chefs insurgés avant le succès de leur entreprise, et l’on verra comment ils parlaient du chef que la nation honorait depuis vingt-cinq ans.

Le général Malette reçut alors des ordres positifs pour se rendre à Lesieur. Les troupes venant de l’arrondissement de Léogane devaient l’y renforcer par le 21e régiment et des gardes nationaux, tandis que le 24e régiment et ceux du Petit-Goave viendraient aux Cayes pour avoir une destination ultérieure. Le colonel Lamarre commandait le 21e, le colonel Désiré, le 24e.

Le général Malette ne se montra nullement à la hauteur