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trie en lui donnant de nouvelles institutions qui garantissent contre les empiétemens des chefs futurs, etc., etc. « Notre parti est résolument pris ; nous sommes au nombre de 6000 hommes jusqu’ici, disposés à vaincre ou à périr. Saint-Marc et les Gonaïves marchent avec nous vers le même but, ainsi que le Nord, Toute la côte, d’ici au Port-au-Prince, qui est ou comprimée ou en armes, partage nos sentimens et notre enthousiasme… »

Le général Segrettier adressa également à Borgella, une lettre du 5 février, pour lui donner connaissance des événemens accomplis à Jérémie. « L’Opposition, disait-il, a pris une telle puissance ici, que tout m’a obligé de céder à sa volonté. Je croyais encore avoir les moyens de faire quelque résistance, quand, au dernier moment, j’ai vu des masses énormes de la campagne arriver de toute part et se rallier aux mécontens de la ville. Le tableau le plus effrayant s’est présenté à mon imagination : un massacre, le pillage, l’incendie et tous les maux inséparables de semblables circonstances. J’ai cru donc devoir céder à l’impulsion de mon cœur qui n’aura rien à nie reprocher, quoi qu’il puisse m’arriver… Connaissant votre cœur, vous approuverez ma conduite ; et si vous vous trouvez dans la même position que moi, vous éviterez ce qui pourra compromettre l’existence du troupeau dont vous êtes en ce moment le pasteur. »

MM. F. Brière, Fouchard, Cayemitte et R. Rocher étaient porteurs de ces deux dépêches, et Chargés d’y ajouter de pressantes sollicitations verbales, pour porter le général Borgella à acquiescer à ce qu’on désirait de lui. S’il les avait considérés comme « des envoyés pacifiques, » placés sous la protection du droit des gens, quoique d’un parti hostile au gouvernement, il’aurait pu les contraindre à re-|