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là sur les troupes, 18e régiment et un bataillon d’artillerie, réunis sur la place d’armes par ordre du général Segrettier : elles se rallièrent à lui sans résistance, malgré celle que voulut opposer le colonel Frémont, commandant de la place. Ce colonel et son général furent mis à l’écart et gardés cependant chez eux avec la considération due à leur rang et à leur âge. Le citoyen Merceron, commandant de la garde nationale, attaché au gouvernement et désespéré de se voir débordé par les citoyens, se donna un coup de pistolet qui ne lui occasionna d’abord qu’une blessure, mais il en mourut ensuite.

Le mot d’ordre avait été envoyé d’avance au général Lazare, et de Praslin et de Jérémie : il se prononça à l’Anse-d’Eynaud le 1er février, marcha de suite avec le 19e régiment et les gardes nationales de son arrondissement sur Jérémie où il entra le 3, aux acclamations enthousiastes des patriotes, hommes et femmes. « Le général Segrettier (dit Lazare dans une de ses lettres au colonel Cazeau, en date du 6) poussé par un beau mouvement de patriotisme, en présence de l’enthousiasme qui animait tous les cœurs consentit à me joindre au pied de l’autel de la patrie. Là, nous rappelant ce feu sacré qui animait nos cœurs à l’aurore de la révolution, nous jurâmes, en face de l’armée et du peuple entier, de mourir ou d’assurer les droits et les garanties du peuple. Le peuple reconnaissant, proclama le général Segrettier, général de division et membre du gouvernement provisoire, et moi, général de division commandant l’arrondissement de Jérémie, et chef de la première division de l’armée. Le commandant Rivière Hérard vient d’entrer ici ; il a été proclamé général de division et chef de la seconde division de l’armée. » Le général Lazare