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homme nommé Ramon Mella, envoyé par les opposans de cette ville ; il repartit immédiatement.

Depuis peu de jours le bruit courait que le 26 janvier était celui fixé pour une prise d’armes ; il y eut de l’agitation aux Cayes, chacun s’attendant à cette explosion. Le colonel Cazeau, commandant de la place et du 13e régiment, renforça la garde des postes les plus importans, et la journée se passa sans mouvement.

On disait depuis quelque temps que le chef de bataillon Rivière Hérard avait été choisi par les opposans pour diriger leur entreprise, et l’on avait remarqué qu’il faisait de fréquens voyages dans les communes de l’arrondissement des Cayes, et qu’il alla même jusqu’à l’Anse-d’Eynaud, sans doute pour s’aboucher avec le général Lazare, commandant de l’arrondissement de Tiburon. Le vendredi 27 janvier, on ne fut donc pas étonné d’apprendre qu’il avait réuni les opposans sur l’habitation Praslin qui lui aptenait, et que les conjurés y étaient « en force. » Dans l’après-midi, le colonel Cazeau fit un mouvement militaire pour tenir les troupes de la garnison sous les armes ; la garde nationale se réunit spontanément ; les fonctionnaires publics et des citoyens privés se rendirent chez le général Borgella et y passèrent la nuit. Pendant cette nuit. M. P. Soray, vint de la plaine lui dire, qu’il était faux qu’il y eût réunion de conjurés à Praslin ; que R. Hérard y était seul, mais qu’il était vivement indigné des soupçons qui planaient sur lui. Ce rapport était mensonger. Le colonel Cazeau fit arrêter le capitaine Merveilleux Hérard, frère de Rivière, qui était de garde à l’arsenal : on savait qu’il y avait eu entre lui et le lieutenant Thomas Presse, aussi de l’artillerie, une conversation qui parut suspecte. Le sous-lieutenant Louis Jacques et le sergent Barbot furent aussi arrêtés, sur l’avis des co-