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pavillon espagnol, en se déclarant prêt, de nouveau, à y répondre de manière à honorer le pavillon haïtien. À l’égard de l’indemnité, il dit : que le gouverneur général se reposait entièrement sur la bonne foi du gouvernement haïtien pour en fixer le chiffre de concert et d’après une juste appréciation du tort occasionné par la capture des navires de sa nation. Cet officier conféra au sujet de ces deux choses, avec une commission de fonctionnaires réunie chez le secrétaire général. Les deux demandes furent alors admises comme étant justifiées par les faits. En conséquence, le fort Alexandre tira une salve de 21 coups de canon ; au premier coup, la Pacification arbora le pavillon espagnol à son grand mât. Le Congreso hissa également le pavillon haïtien à son grand mât, en répétant la salve. Cette corvette retourna de suite à Saint-Yague d’où elle revint le 24 janvier, ayant à son bord un haïtien passager de la goëllette Jeanne, qui attesta des faits ci-dessus relatés. La demande d’indemnité fut portée au chiffre de 1900 piastres qui furent alors payées par le trésor. Au retour du Congreso à Saint-Yague, les deux caboteurs haïtiens furent relaxés, après avoir reçu, chacun, des provisions pour 25 jours, de la part des autorités de cette ville.

Telle fut, enfin, la solution de cette question internationale, qui aurait dû être ainsi résolue dès le premier moment.

Il est à remarquer que, pendant leur séjour au Port-au-Prince, les capitaines espagnols s’étaient enquis des commerçans de cette ville, de tout ce qui pouvait établir des relations fructueuses entre Haïti et l’Espagne, sous le rapport de l’échange des produits de ces deux pays. M. de Pointillo lui-même, qui se conduisit dans cette affaire avec toute l’urbanité d’un chevalier espagnol, fut chargé de