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dépenses à faire, par suite de cet affreux tremblement de terre, et il ne veut plus entendre parler du budget. Allez donc le voir, je vous en prie, peut-être serez — vous plus heureux que moi. »

Le lecteur pressent que le sénateur ne fut pas plus heureux que le secrétaire général ; il échoua complètement dans sa démarche. « Comment voulez-vous, lui dit Boyer, qu’on établisse un lycée au Cap-Haïtien renversé de fond en comble, et dont la population est à moitié sous les ruines ? — Mais, Président, les villes des Cayes et de Santo-Domingo sont debout ; elles peuvent avoir leurs lycées, le Cap-Haïtien devra être relevé, il aura le sien plus tard. — Il est impossible de faire de semblables dépenses, ni pour le Cap-Haïtien, ni pour les autres villes, lorsqu’il faut aller au secours des populations qui ont éprouvé un si grand désastre, lorsque tous les édifices publics, renversés, exigeront des sommes énormes pour leur reconstruction[1]. »

La Chambre des communes n’eut donc à rendre que deux lois : l’une qui fut proposée par le pouvoir exécutif, pour exempter de l’impôt foncier et de celui des patentes, les habitans des communes des départemens de l’Artibonite, du Nord et du Nord-Est, qui avaient été dévastées par le tremblement de terre ; l’autre qu’elle vota d’elle-même, pour prélever les mêmes impôts dans les autres départemens. Ce furent là tous les travaux législatifs de cette année. La Chambre élut en outre sept sénateurs : MM. Ce-

  1. Cependant, 1842 fut une année assez prospère. Les recettes s’élevèrent à la somme de 3,273,435 gourdes, y compris une émission de 236,200 gourdes de billets de caisse, et les dépenses à 2,545,745 gourdes. Il y eut à l’exportation, en chiffres ronds, 41,000,000 de livres de café, 880,000 de coton, 417,000 de cacao, 2,520,000 de tabac, 19,000,000 de campêche, 1,600,000 de gayac, et 4,997,000 pieds réduits d’acajou.