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les cœurs la grande passion du bien public, et faites que, lorsque la loi commune vous aura ravi aux affections de ce peuple intéressant, vous viviez encore dans ses souvenirs. Que votre génie règne toujours dans ses conseils, et vous exercerez une nouvelle influence sur ses destinées ! ! »

Cette adresse fut portée à Boyer, le 28. avril, par une députation de neuf représentans y compris le président et les secrétaires de la Chambre. Deux jours après, elle rendit compte de sa mission en ces termes :

» Le Président d’Haïti a fait l’accueil le plus honorable à votre députation. Il s’est entretenu avec elle sur l’objet de l’adresse, et lui a dit enfin que cette adresse étant l’œuvre de la réflexion, il avait besoin du temps moralement nécessaire pour y répondre. »

Dans la séance du 27, la Chambre avait reçu du Président d’Haïti et du secrétaire d’État, deux dépêches lui transmettant les comptes généraux de la République pendant l’année 1837. D. Saint-Preux proposa d’ajourner tout examen de ces comptes, jusqu’à ce que le secrétaire d’Etat eût fourni un tableau explicatif des recettes et des dépenses, ce que d’ailleurs ce grand fonctionnaire promettait de faire incessamment, pour se soumettre aux désirs exprimés en 1837 par la Chambre. Et dans la séance du 30, celle-ci prit connaissance d’une pétition qui lui fut adressée de Paris, à la date du 15 avril 1837, par MM. Saint-Rémy, Durin Mège et Linstant fils, trois jeunes Haïtiens qui y suivaient un cours de droit. Cette pétition avait pour objet, d’ériger une statue pédestre à Pétion, sur la place où sont déposés ses restes et qui porte son nom ; elle indiquait les dimensions que pourrait avoir cette statue, le prix qu’elle coûterait, étant exécutée par un habile sculpteur français, le costume sous lequel Pétion pourrait être représenté