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draient troubler le pays ; mais qu’elle se dispensera de donner aucun développement ; qu’elle compte non-seulement sur le concours de la Chambre, mais sur celui de tous les bons citoyens animés de l’amour de la patrie et désireux de son bonheur… »


Le président de la Chambre répondit d’une manière analogue à ces paroles, en rejetant sur les éliminés de 1839 et sur leurs partisans, la cause des agitations de la capitale et des debats qui eurent lieu dans cette assemblée. « La patrie reconnaissante, dit-il, admire de jour en jour votre belle âme, qui n’a autre chose en vue que le bonheur de tous et les intérêts généraux. Lorsque nous fixons nos regards sur votre administration, tout à la fois paternelle et éclairée, nous devons nous étonner que de certains esprits se tourmentent et veulent en tourmenter d’autres qui savent mieux prévoir, et mieux apprécier vos efforts, votre constante sollicitude qui ne tend qu’à consolider et améliorer. Il est heureux pour Haïti que ce courage impassible et cette grande vertu dont votre cœur est doué, assurent à tous les Haïtiens que le vaisseau de l’État est hors des écueils… »


Le 16, après l’ouverture des travaux de la Chambre, le chef du pouvoir exécutif adressa un ordre du jour aux militaires de la garnison de la capitale, qui, depuis un mois, étaient restés à leurs drapeaux. Il les complimenta sur leur conduite en ces temps d’agitation : « Vous venez de prouver à la fois, et votre indignation contre les menées de la malveillance, et votre respect pour la loi. Votre conduite vous fait honneur et couvre de confusion vos calomniateurs ; vous pouvez vous en glorifier, vous serez toujours, comme je l’espère, les fidèles défenseurs