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conquérir l’opinion en leur faveur. Persévérant dans cette tactique, ils ont encore cherché, dans la session de 1839, par l’adresse de la Chambre, par les discours qu’ils ont prononcés dans le sein de cette assemblée, par la résistance opiniâtre qu’ils ont faite, lorsqu’il s’agissait d’élire plusieurs sénateurs pour remplacer ceux dont les fonctions allaient cesser, à se créer une position dominante dans l’État, en prétendant que la Chambre des représentans, produit de l’élection directe des assemblées communales, était appelée à exercer, elle seule, la souveraineté nationale. Et lorsque le Sénat, à qui la constitution a confié le soin de conserver les institutions que le peuple s’est données sous le patronage du plus illustre de ses citoyens, eut exercé son pouvoir modérateur dans l’interprétation de cette question qui divisait la Chambre et le pouvoir exécutif, ne les a-ton pas vus encore, anathématisant le premier corps de l’État, lancer nombre d’accusations virulentes contre lui, et terminer enfin la séance du 4 octobre 1839, en appelant la sédition à leur aide ?

» Si de tels actes ne suffisaient pas pour fixer l’opinion publique sur les projets de ces hommes, ils auraient pris soin eux-mêmes de les dévoiler depuis le moment où la majorité de la Chambre des représentans, revenue de l’erreur où elle avait été entraînée par d’astucieux moyens, s’honora aux yeux de la nation et de la postérité, en se séparant de ceux qui l’avaient égarée. Car, bien que tous les corps constitués, toutes les autorités civiles et militaires, la garde nationale et nombre de citoyens privés aient donné un assentiment unanime à cet acte d’un patriotisme éclairé, on a vu ces hommes dont il est question persévérer à se qualifier de « mandataires du peuple, » continuer à publier leurs doctrines subversives, égarant plus ou