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masses, affectionnées à son gouvernement, qui a eu heureusement le temps de les faire jouir de la politique judicieuse et équitable de son prédécesseur, continuée par lui ; mais en tout pays, les masses sont à peu près inertes pendant les entreprises révolutionnaires. La plupart du temps elles laissent faire, elles assistent passivement aux querelles des classes éclairées supérieures, tant que leurs intérêts ne sont pas menacés, ou qu’on ne les remue pas.


Le 12 mars, le Sénat se réunit en la salle de ses séances, et adressa un message au Président d’Haïti pour l’informer de sa constitution en majorité de 14 membres. Deux jours après, il reçut la réponse à ce message et l’avis donné par le chef du pouvoir exécutif, que les grands fonctionnaires de l’Etat se rendràient dans son sein, afin de lui faire une communication concernant les affaires publiques. En conséquence, il fixa au 15 la séance extraordinaire où ces grands fonctionnaires pourraient se présenter, et il en avisa le Président.

Dans les deux séances précédentes, les citoyens s’étaien réunis en grand nombre dans les deux salles latérales du palais du Sénat ; le 15 il y eut affluence, particulièrement de jeunes gens. Aux premiers sénateurs se réunit un autre, ce qui portait leur nombre à 15. Le Sénat avait formé son bureau en nommant B. Ardouin, Président, Pierre André et Bazelais, secrétaires. Vers 9 heures du matin, MM. Pilié, secrétaire d’Etat, Voltaire, grand juge, et Inginac, secrétaire général, se présentèrent à la séance publique et furent reçus avec le cérémonial convenable. Assis dans l’enceinte du Sénat avec ses collègues, le secrétaire général se leva et remit un message du Président d’Haïti, auquel ils étaient chargés d’ajouter des explications. Après en avoir