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observa toutes les formes convenables en cette circonstance.

Mais, dans cette soirée aussi, M. Imbert, assis seul sur la galerie de sa maison, avait été frappé d’un coup de sang ou d’une légère apoplexie. Des passans s’en aperçurent en le voyant étendu par terre ; ils le relevèrent, assistés de ses enfans qu’ils appelèrent de l’intérieur de la maison ; ces derniers firent venir le docteur Merlet qui lui donnait des soins, quand le colonel Hogu arriva chez lui. Hogu, ne pouvait pas remplir sa mission dans l’état où il trouva M. Imbert ; il revint le lendemain matin et rencontra le docteur qui continuait ses soins. Il prit le parti de lui confier l’objet de ses deux visites, et le docteur lui répondit qu’il y aurait danger pour le malade à lui annoncer sa révocation : il s’en abstint. Durant ce temps, l’arrête du Président se publiait en ville, au son des tambours, comme toujours pour les actes du gouvernement. Aussitôt, grand émoi surtout parmi les opposans ; ils affluèrent chez l’ex-secrétaire d’État qui reçut des visites de beaucoup d’autres personnes, en raison de sa maladie réelle et même de sa révocation ; car il jouissait de l’estime publique. Mais, ce qui fut singulier et ce qui s’explique suffisamment, c’est que le Manifeste du 27 février, après avoir inséré dans ses colonnes l’arrêté du 20, publia un avis signé de l’un des fils de M. Imbert, qui donnait une sorte de démenti à l’assertion du Président, touchant « son état de maladie prolongé, » en convenant néanmoins « qu’il n’a éprouvé depuis longtemps que de bien légères indispositions dont le service public n’a jamais eu à souffrir, et adjurant le témoignage du public et celui des employés qui concourent à ce service[1]. » Inutile d’ajouter que M. Im-

  1. On prétendit alors que M. Dumai Lespinasse avait conseillé et rédigé cet avis.