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naissance, un esprit de conciliation que n’avait pas son prédécesseur, qui avait toute la ferveur religieuse qu’on remarque dans les Irlandais.

Boyer fut très-satisfait du projet ci-dessus. Il avait fait recevoir et traiter le légat Rosati avec tous les honneurs dus à son rang et tous les égards qu’il méritait comme envoyé du Saint-Père, et il l’avait fête au palais de la présidence. Sa mission étant terminée, le légat partit bientôt sur la corvette le Berceau qui se rendait en France, emportant la promesse du Président, qu’il enverrait à Rome, dans le courant de l’année, un ou deux agents chargés de ses pouvoirs, afin de signer un concordat définitif d’après celui du projet cidessus. Telle était son intention réelle ; mais les événemens politiques qui survinrent, et l’affreux tremblement de terre du 7 mai suivant, dont nous parierons, le portant à ajourner l’envoi des agents, il finit par ne plus y penser, il paraît, et les choses en restèrent là, fort malheureusement, pour Haïti et pour l’honneur de la religion catholique qui avait tant, besoin d’être réglée sur des bases fixes. L’évêque Rosati, après avoir passé quelque temps dans une vaine attente, décéda avec le regret de ne pas voir son œuvre achevée.


Le Président avait dit au sénateur Ardouin, qu’il était résolu à prendre bien des mesures qu’il n’énonça pas. Dans la même semaine, il fit savoir au comité permanent du Sénat, qu’il était nécessaire de convoquer ce corps à l’extraordinaire pour une communication qu’il avait à lui faire, et cette convocation se fit pour le 10 mars. Dans son numéro du 13 février, le Manifeste en avisa le public, et le Temps répéta cet avis le 17. On fut généralement curieux de savoir le motif d’une telle mesure.