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avait montré dans cette audience, et de l’absence de tout discours de sa part. Chacun se livra à ses propres conjectures, présumant néanmoins que le Président prendrait tôt ou tard, quelques mesures. Quatre jours après, on vit paraître le premier numéro du journal ministériel qui eut pour titre : Le Temps, avec cette épigraphe : — Ordre public, paix, prospérité. Les améliorations sont l’œuvre du temps[1]. Son premier article tint lieu de prospectus, en expliquant le but que se proposaient ses rédacteurs. Il annonça les travaux relatifs aux fontaines de la capitale, et probablement ceux qui répareraient ses rues. Un article sur les finances exposa la situation réelle de cette branche de l’administration générale, en précisant le chiffre des billets de caisse en circulation et celui de la monnaie d’Espagne existant au trésor général, et mettant le public au courant des versemens faits ou à faire pour la dette étrangère. Un autre article de politique intérieure s’adressa à toutes les personnes sensées, pour leur faire comprendre ce qui pouvait résulter d’agitations incessantes dans le pays. Et an second numéro, un nouvel article sur les finances mit le public à même de savoir ce qui avait été déjà payé sur l’indemnité consentie envers la France, ce qui restait à acquitter, ce qui était déjà payé sur l’emprunt de 1825 et le reste de cette dette. Un autre article intitulé : de l’Opposition et de ses conséquences, à l’adresse des opposans, exposa carrément ce qui pouvait résulter de leurs tendances.

Si l’on fut généralement satisfait d’être informé de la vraie situation financière du pays, on ne fut pas moins

  1. Cette épigraphe fournit matière à bien des sarcasmes. Un agent consulaire m’ayaut demandé pourquoi je l’avais choisie, je lui répondis : « Le journal ministériel devait exprimer par là, le système de temporisation du gouvernement qu’il soutient. »