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ment doit sentir la nécessité de marcher à la tête des réformes demandées de toutes parts par l’opinion éclairée de la nation. Parmi elles, il y en a qui ne sont pas réalisables en ce moment, mais il y en a qui le sont et qui doivent appeler votre attention ; en y satisfaisant, on prendra probablement patience pour les autres. Maintenant on attaque journellement la constitution, après l’avoir préconisée : c’est par rapport à l’initiative des lois qu’elle donne au Président d’Haïti et dont l’Opposition vous fait le reproche de ne pas user pour les besoins publics. Quoique fort imparfaite à certains égards, cette constitution permet de faire tout le bien possible. Il y a aussi des mesures purement administratives que le gouvernement pourrait et devrait prendre, afin de satisfaire aux besoins des populations. Parmi les réformes nécessaires, je vous indique une nouvelle loi sur l’instruction publique qui créerait des lycées aux chefs-lieux principaux des départemens, des écoles secondaires en d’autres villes, des des écoles primaires partout. Parmi les mesures d’administration, la réparation et l’entretien des rues et places de la capitale qui sont dans l’état le plus pitoyable, la réparation des canaux et des fontaines de cette ville, car on y boit de l’eau souvent bourbeuse : les habitans souffrent de cet état de choses, et en faisant reconstruire les fontaines du port pour fournir de la bonne eau aux navires étrangers, en deux ou trois ans les droits perçus à ce sujet auront couvert toutes ces dépenses[1]. »

Ces paroles furent bien accueillies. Le Président consentit à faire préparer une nouvelle loi sur l’instruction

  1. On me dira, peut-être : Pourquoi n’avez-vous pas indiqué en même temps toutes les réformes que vous jugiez nécessaires ? — La réponse à cette question sera dans les faits qu’on verra ensuite, et qui donneront la mesure des vraies dispositions où se trouvait le Président.