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d’éclairer le public. Il lui conseilla également l’établissement de lycées aux Cayes, au Cap-Haïtien et à Santo-Domingo, d’écoles secondaires dans les autres principales villes, d’écoles primaires dans chacun des bourgs, en édictant une nouvelle loi sur l’instruction publique. Il lui parla de la nécessité de faire préparer le budget de l’État, tant en recettes qu’en dépenses, pour la prochaine session législative ; de faire exécuter les travaux de réparations aux canaux et aux fontaines de la capitale, comme en d’autres localités où cela serait urgent, etc. Le secrétaire général, qu’on a tant calomnié, reconnaissait que l’Opposition avait gagné du terrain, qu’il était temps de compter avec elle, puisque le Président lui-même voulait certainement le bien public et gouverner le pays, autant que possible, selon les lois.

Le dimanche 6 février, à raison des opérations électorales de la semaine, il y eut au palais de la présidence une grande réunion de fonctionnaires publics et de citoyens. Après la parade des troupes, Boyer y revint sans avoir fait sa promenade habituelle en ville ; les officiers supérieurs de la garnison s’y rendirent après lui. Les trois grands fonctionnaires, MM. Imbert, Voltaire et Inginac, n’y parurent point, étant indisposés ou malades.

Chacune des personnes présentes dans la grande salle, dite des généraux, croyait que Boyer allait se prononcer sur les élections qui venaient d’avoir lieu à la capitale et sur celles d’autres villes qui étaient déjà connues. Mais loin d’articuler aucune parole à ce sujet, se montrant calme, il appela le sénateur B. Ardouin et le fit asseoir à son côté pour causer avec lui à voix basse. Il lui dit : « Eh bien ! ces messieurs qui s’appellent opposans au gouvernement ont réussi à se faire élire représentans, ici et dans plu-