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escorté de plusieurs de ses officiers. Boyer reçut M. Arnous avec cette courtoisie qui lui était propre, et eut avec lui un entretien particulier qui dura une heure environ. Nous dirons ici ce que le Président fit savoir ensuite à plusieurs sénateurs et à des fonctionnaires publics.

L’amiral Arnous lui dit : « que, appelé par le consul général de France avec des navires de guerre, après la retraite sur le Berceau, son premier soin avait été de l’entendre, ainsi que M. Lartigue, pour savoir les circonstances qui l’avaient porté à rompre ses relations officielles avec le gouvernement haïtien ; et qu’après avoir entendu les explications de M. Levasseur, et lu sa correspondance avec le secrétaire général et le grand juge, il n’avait pas hésité à le blâmer de la résolution qu’il avait prise, de même qu’il n’approuvait pas ses procédés dans l’affaire de Charles Touzalin. » L’amiral conclut, cependant, en demandant à Boyer de condescendre à ce qu’il reprît ses fonctions consulaires, même d’après l’article officiel publié dans le Télégraphe du 19 décembre qui faisait pressentir cette disposition de la part du Président.

Boyer lui répondit, en lui faisant savoir tout ce que, naturellement, M. Levasseur n’avait pas pu lui avouer par rapport à l’affaire de C. Touzalin ; mais il l’informa aussi de sa conduite antérieure. Il se plaignit de la lettre écrite par M. Lartigue au secrétaire d’État, qu’il n’attribuait qu’aux obsessions de M. Levasseur. Il dit à l’amiral : qu’il consentait bien à ce qu’il reprît l’exercice de ses fonctions consulaires, mais qu’il était résolu à demander son rappel au gouvernement français ; qu’il avait assez de motifs pour justifier de la légitimité et de la convenance d’une pareille demande, et qu’il espérait que le gouvernement du Roi lui