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déjà des mesures sont prises par la justice pour que l’offense dont je me plains soit punie par les tribunaux, conformément à la loi sur la presse ; mais cette mesure ne constituerait pas, pour le consul général de France, une réparation suffisante. Sa position officielle, exige quelque chose de plus… » Et alors il demanda que le gouvernement fit insérer prochainement dans le Manifeste et dans le Télégraphe, journal officiel ; 1° « une réprobation formelle dé l’article injurieux et calomniateur publié dans le premier de ces journaux ; 2° une déclaration explicite du bon accord qui n’a cessé de régner entre le gouvernement de la République et le consul général de France, dans toutes les mesures qui ont été jugées nécessaires pour faire avorter les projets d’introduction de faux papier-monnaie par un Français. »

Le secrétaire général devait d’autant moins condscendre à ces exigences, que dans sa lettre du 11 au consul général, tout en terminant par rendre justice à ses intentions, il avait relaté tous les faits qui prouvaient qu’il n’y avait pas eu « bon accord » entre le consul général et le gouvernement, notamment la singulière opération faite à bord de la corvette le Berceau. Il se borna donc, le 15, à répondre à M. Levasséur : « que l’autorité judiciaire était saisie de l’affaire et qu’il était a espérer que le jugement qui interviendrait à cet égard remplirait, par sa publicité, l’objet de ses désirs. » Il ajouta : « Le maintien des bons rapports entre les deux nations, et la continuation de la considération dont vous jouissez de la part du gouvernement de la République, sont le meilleur désaveu qui puisse être opposé aux allégations outrageantes dirigées par un particulier contre le consul général dé France. » En outre, les lois d’Haïtï n’auraient pas autorisé le gouver-