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naît le principe de son indépendance, vous félicite de l’heureuse issue d’une négociation dont l’objet excita si longtemps les incertitudes et les anxiétés du pays.

» Un autre traité, dont le texte, comme celui du premier, lui a été transmis par les papiers publics, et dont vos paroles lui ont confirmé l’existence, termine la question de l’indemnité et révèle au monde notre morale politique.

» En arrêtant nos regards sur le premier, nous y reconnaissons le triomphe des idées libérales et le résultat du mouvement d’entraînement du siècle. C’est le fruit de votre constante sollicitude et de ce sublime dévouement qui fait préférer l’honneur de la patrie à tout autre intérêt. Mais, si l’on examine la conjoncture dans laquelle il s’est offert, on lui trouvera l’aspect d’un de ces événemens inattendus, d’une de ces faveurs que le sort se plaît à vous prodiguer comme pour marquer votre destination. Cette circonstance met en votre possession les moyens d’asseoir l’avenir du peuple haïtien sur les bases d’une régénération nouvelle ; elle agrandit votre puissance du bien, en immortalisant les trophées de la liberté !

» Ainsi donc, elle dégage, de la contrainte, l’action de cette faculté ordonnatrice dont l’emploi judicieux vivifie les Etats et les conduit au bonheur.

» Ainsi, elle trace autour de vous un cercle de gloire que vous remplirez, nous n’en doutons pas, d’utiles et fécondes institutions, qui ranimeront l’espérance d’un peuple qui vénère son premier magistrat, mais dont les pensées s’élancent dans l’avenir, en fixant le présent avec l’inquiétude de ce désir du bien, qui cherche la réalité dans les dispositions généreuses du gouvernement.

» La Chambre n’ignore pas qu’à côté de l’avantage