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fermeté en ajoutant que, en sa qualité de Français, C. Touzalin devait compter sur sa protection. Rien n’était plus naturel, sans doute ; mais dans la circonstance, ces paroles étaient déplacées.

En effet, le lendemain 29, le consul général, adressa à Boyer, une lettre « confidentielle » par laquelle il sollicitait de lui un entretien particulier ; mais comme il savait que le Président était malade et qu’il ne pourrait probablement pas le voir, il lui demandait en même temps d’ordonnèr qu’on suspendit toutes poursuites contre C. Touzalin, afin de remplir la promesse que le Président avait faite à son égard, et que, « avant 15 ou 20 jours les faux billets seraient livrés au gouvernement, parce que lui, le consul général, avait paré aux inconvéniens qu’il redoutait. » Il s’agissait de colis contenant une, masse de faux billets que M. Levasseur savait avoir été expédiés du Hâvre par le navire le Saint-Jacques qui était en mer.

Mais ceux qui circulaient déjà au Port-au-Prince et qui avaient motivé l’action du ministère public, qui les avait introduits ? Et comment le consul général pouvait-il vouloir ainsi arrêter le cours de la justice à l’égard de C. Touzalin qui l’avait trompé, au point qu’il répondit de lui au Président, « corps pour corps ? »

Le 4 et 5 novembre, M. Levasseur renouvela « confidentiellement » sa demande d’un entretien privé avec Boyer, qui continuait d’être malade et ne pouvait la lui accorder. Cette seconde lettre commençait ainsi : « Président, on vous trompe… Pardonnez-moi l’extrême franchise de cette expression, mais c’est le cri de ma conscience, et je ne puis l’étouffer. Oui, Président, on vous trompe en cherchant à confondre deux affaires distinctes, celle de C. Touzalin et celle des hommes qui ont mis de faux bil-