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ques faits et circonstances qui en dépendent, afin que le lecteur en juge impartialement.

Il faut qu’il sache d’abord, que M. Levasseur se laissait facilement aller à des préventions contre les fonctionnaires publics du pays, qu’il essayait souvent de traiter dédaigneusement, en abusant de sùn esprit parfois caustique. Parmi eux, lé général Inginac, avec qui il était le plus en rapport à cause de ses fonctions de secrétaire général qui en faisaient le ministre des relations extérieures, était celui qui éprouvait le plus ces préventions injustes, tant les agents français, en général, se persuadaient bénévolement qu’il inclinait toujours en faveur des Anglais, qu’il n’aimait pas la France. Déjà, en mars 1840, ce sentiment dé prévention avait porté M. Levasséur à adresser, au Président, une lettre où il lui dénonçait le secrétaire général comme coupable d’une action que lui imputaient légèrement certains commerçans de la capitale, pour avoir influencé le Président, disait-il, dans une mesure relative aux traites que l’administration des finances recevait d’eux auparavant, et qu’elle ne voulait plus admettre en payement des droits de douane. Le Président lui avait fait répondre par M. Imbert : « On a peine à concevoir, M. le consul général, que vous ayez pu vous laisser entraîner à accueillir une atroce calomnie que la malveillance seule a pu inventer… Le grand fonctionnaire dont vous citez le nom est incapable d’une telle action : il possède la pleine et entière confiance de S. E., par les longs et utiles services qu’il a rendus à son pays, par son dévouement aux intérets nationaux, par sa fidélité constante envers sa patrie, et il ne saurait, non plus que qui que ce soit, influencer l’esprit juste et équitable du chef de l’État, pour le porter à prendre aucune résolution contraire aux