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omettons diverses autres circonstances relatives à cette affaire, pour dire seulement quelles auteurs du charivari, après avoir subi un emprisonnement de vingt-quatre heures[1], furent traduits pardevant le tribunal de police qui les acquitta, à la grande satisfaction de la population de la capitale.

Après ce jugement, MM. Dumai Lespinasse et Charles Alerte allèrent à bord de la Perle apporter à M. G. de Cassagnac un cartel que lui adressa M. Charles Nathan, qui lui proposait de vider le duel sur le pont du navire, si le commandant y consentait ; mais ils n’obtinrent qu’un refus entouré de protestations en faveur des Haïtiens. Quelques jours après, les auteurs du charivari donnèrent un banquet et un bal où l’élite de la population fut invitée ; et le Manifeste publia des extraits des articles de M. G. de Cassagnac contre la race africaine, afin de justifier l’indignation qu’ils avaient dû éprouver en voyant ce champion de l’esclavage oser mettre le pied sur le sol d’Haïti[2].

Dans ce même mois d’avril où M. Levasseur agissait en faveur de ce Français, il en dénonça un autre officieusement à Boyer, pour avoir conçu le projet de faire fabriquer à Paris de faux billets de caisse de dix gourdes qu’il devait introduire à Haïti. Cette démarche ayant ensuite, porté le consul à des actes regrettables et même à cesser toutes relations avec le gouvernement haïtien, à la fin de cette année, la gravité de cette résolution nous obligera préciser quel-

  1. Messieurs L. Cerisier, P. Elie, A. Elie, Saul Liautaud, Emile Nau, Merlet, Madiou fils, Saint-Amand, etc., etc. Durant leur emprisonnement, ils reçurent une foule de visites : toutes nuances d’opinions politiques disparurent dans ce témoignage d’intérêt.
  2. Rendu aux Etats-Unis et en France, M. Granier de Cassagnac publia dans ces deux pays la relation de sa mésaventure à Haïti, selon l’impression qu’elle avait dû produire sur son esprit déjà prévenu contre les sauvages qui habitent cette île.