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favoriser la répression de la traite. Le 19 du même mois, cette sanction ayant été obtenue, un arrêté du Président ordonna la publication officielle de ces deux traités.

Après ceux de 1838, conclus avec la France, S. M. le Roi des Belges avait nommé un consul au Port-au-Prince en la personne de M. Seeger, l’un des associés de la maison Weber qui entretenait des relations commerciales avec le port d’Anvers[1]. En 1841, ce consul fut chargé de proposer au gouvernement haïtien, de conclure un traité d’amitié et de commerce pour consolider les rapports entre la Belgique et Haïti. À cet effet, Boyer donna ses pouvoirs au sénateur Tassy, et le traité eut lieu ; et par un message au Sénat, en date du 31 juillet, il lui en donna communication, en attendant qu’il fût soumis à la ratification du Roi Léopold. Quoique Sa Majesté ne l’ait pas ratifié, il est convenable de faire connaître quelles étaient les vues de Boyer à cet égard, par cette partie du message du Sénat, en réponse au sien :

« Ainsi que le porte votre susdit message, le traité repose, sur le principe général du traitement accordé à la nation la plus favorisée, et non sur celui de la réciprocité. Le Sénat pense comme vous, Président, que c’est sur cette base qu’il convient de traiter avec les puissances dont les nationaux entretiennent des relations avec Haïti, puisque dans l’état actuel de notre commerce et de notre navigation, il serait sans utilité pour le pays de stipuler des avantages dont il ne pourrait pas profiter, tandis que les

  1. En 1838, ayant eu l’honneur d’être présenté à S. M. le Roi des Belges qui se trouvait à Neuilly, je lui parlai des relations commerciales que la Belgique entretenait avec Haïti, par le port d’Anvers, et je lui citai M. Seeger, principal associé, alors, de la maison Weber. L’année suivante, M. Seeger reçut sa commission de consul.