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l’esprit de la Chambre par le Président d’Haïti. Sans doute, cette exclusion était en grande partie le résultat de l’intimidation : mais, pour être juste envers Boyer, on ne doit pas oublier qu’il se trouvait dans la Chambre, des hommes qui avaient contribué à l’exclusion de H. Dumesle et de D. Saint-Preux, en 1833, et que, dans la séance du 3 juillet 1837 (nous l’ayons fait remarquer), D. Saint-Preux avait prononcé des paroles violentes contre ces hommes qui ne lui répondirent point alors, mais qui gardèrent le ressentiment produit par ces paroles : de là l’exclusion de 1839 contre les deux chefs de l’Opposition et contre les autres représentans qui suivaient leur drapeau. Quand la Chambre reconstitua son bureau, le 7 octobre, qui fut élu président ? Phanor Dupin. Qui fut élu principal secrétaire ? Latortue ; c’est-à-dire, les deux représentans qui avaient le plus secondé Milscent dans l’exclusion de 1833.

Une autre considération ressort de celle de la présente année et devait frapper les esprits, sinon dans le moment même, du moins dans un court espace de temps. De quoi les représentans exclus étaient-ils accusés par la Chambré ? « d’avoir provoqué une collision entre les pouvoirs politiques sur l’interprétation des art. 107, 108 et 109 de la constitution. » De quoi étaient-ils accusés par le Président d’Haïti dans sa proclamation ci-dessus ? « d’être une poignée d’hommes pervers, de factieux, qui avaient voulu s’arroger la souveraineté pour régenter le Sénat et le pouvoir exécutif, qui avaient fait un appel public à la sédition, qui voulaient renverser la constitution pour renverser le gouvernement, se saisir du pouvoir pour fonder le règne de l’oppression. » Que l’on compare ces expressions à celles d’autres proclamations de Boyer, à propos de conspirations avortées qui entraîné-