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envers ce dernier, pourquoi s’était-il abstenu de le faire à l’égard de la Chambre ?

Après cette élection, elle reprit la séance publique où elle proclama le sénateur Michel. Aussitôt, H. Dumesle prononça le discours suivant, précurseur de l’adresse qu’il rédigeait pour être présentée à Boyer.

« Législateurs, — Cette seconde session commence sous les plus heureux auspices. Deux traités, conclus avec la France, terminent les questions qui mettaient tant de fluctuations dans nos rapports avec cette puissance. Le premier posant, sur les larges bases du droit naturel, le principe sur lequel repose notre indépendance, le salue à la face de l’univers ; le second est le terme de nos incertitudes sur la question financière ; et nous ne croyons pas trop avancer de dire que l’un et l’autre concourront, quoique diversement, à effacer les traces de la malheureuse influence que l’ordonnance du 17 avril 1825 exerça sur le pays.

« Le premier magistrat de la République, en venant renouveler son alliance avec la nation et présider à l’ouverture de la Chambre, vous a confirmé ce que déjà les papiers publics vous avaient annoncé. Cet événement, qui était dans les prévisions de ces esprits généreux consacrés aux destinées du siècle, ouvrira toutes les voies de prospérités au travail et à l’industrie ; il facilitera le jeu de la machine politique, s’il est habilement saisi. Toutefois, il met dans les mains du gouvernement les moyens de donner du développement à ses vues utiles et de s’occuper d’une manière efficace de ces améliorations qui sont devenues le plus impérieux besoin d’un pays qui périssait de langueur.

« Lorsque le génie de la civilisation agite le monde de son souffle créateur, et qu’il imprime à tous un mouvement irrésistible de progrès, le peuple qui demeure stationnaire,