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dont la base sera cette restitution, et dans laquelle les désirs du gouvernement de S. M. C. pourront très-bien s’accorder avec celui de la République pour établir des relations en faveur des intérêts des deux États. » Et dans le cas contraire, don F. de Castro demandait que le Président de la République s’expliquât définitivement sur sa juste réclamation de la partie espagnole de l’île, et sur l’injure qui a été faite à son souverain, en le dépouillant d’un de ses domaines et en donnant accueil « à ses vassaux soulevés. » Il termina sa note en faisant entrevoir que Ferdinand VII pourrait recourir à la force pour exercer son droit, et disant qu’il ne ferait plus d’autre communication.

Les plénipotentiaires haïtiens n’y répondirent que le 29. Ils s’exprimèrent avec autant de modération que leur adversaire avait mis de vivacité dans son langage ; et justifiant de nouveau la prise de possession de l’ancienne colonie par le vœu de la très-grande majorité du peuple qui l’habitait, ils lui dirent qu’ils considéraient leur tâche comme terminée, que la République ne peut remettre ce territoire à l’Espagne, et que ce refus ne peut être considéré comme une injure.

Le lendemain, Don F. de Castro accusa réception de cette dernière note, en déclarant que sa mission était également terminée par le refus qu’il y trouvait encore de restituer à son souverain cette partie de ses États, et qu’il allait partir le 31 janvier : ce qu’il fit effectivement.

Ainsi finit la seule démarche que fit le gouvernement espagnol, par rapport aux départemens de l’Est d’Haïti. Dans la diplomatie entortillée de son plénipotentiaire, on croit voir qu’il n’aurait pas été éloigné d’accepter de la République une proposition « d’indemnité » à accorder à son pays. Mais il n’y aurait eu aucune raison d’en faire à l’Espa-