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appartenait à l’Espagne, n’avait non plus rien à lui restituer et ne lui restituerait rien de son territoire ; qu’il n’abandonnerait jamais les hommes qui se sont réunis à lui dans la ferme espérance d’être protégés. Du reste, la note haïtienne se termina par l’assurance donnée au plénipotentiaire de S. M. C, que le gouvernement de la République continuerail à désirer ardemment de voir s’établir entre les peuples d’Haïti et de l’Espagne, les rapports qui doivent exister entre les nations civilisées, et qu’il serait toujours prêt à entrer dans toutes négociations qui auraient ce but.

Don F. de Castro aurait bien pu s’en, tenir à sa note et à celle des plénipotentiaires haïtiens, car cette dernière terminait toute discussion entre eux ; mais il s’y trouvait deux mots, — droits perdus, — qui semblaient être une humiliation pour le beau royaume d’Espagne, pour son monarque qui espérait encore, à cette époque, rétablir son autorité absolue dans toutes ses colonies d’Amérique devenues des États indépendans. Il y répliqua le 24 par une très-longue note diffuse, dans laquelle il releva trois fois cette expression, en disant même à ses adversaires que c’était une injure faite aux droits parfaits de Ferdinand VII sur la partie de l’Est ; que de même que la République avait obtenu, à force de « sacrifices louables, » la sanction par le Roi Très-Chrétien de son état actuel, avec bien plus de raison elle pouvait obtenir « la même sanction » de S. M. Catholique, pour la possession de sa colonie. « Aussi, dit-il, le soussigné demande une satisfaction en forme à l’injure ci-dessus mentionnée, — à moins que le gouvernement d’Haïti, convaincu de la justice et de la modération qui guident S. M. C., en ce cas et en tous les au très, ne convienne à restituer le territoire de la partie espagnole qui lui appartient si imprescriptiblement, en faisant pour cela une transaction