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ses pleins-pouvoirs au général Inginac, secrétaire-général, au sénateur J.-F. Lespinasse, et au colonel Frémont, son aide de camp, afin de recevoir les communications de cet envoyé et d’entrer en conférences avec lui sur tous les points qu’il proposerait de mettre en discussion, promettant de ratifier ce qu’ils auraient fait et arrêté dans l’intérêt d’Haïti. Dès le même jour, ils reçurent l’envoyé de S. M. C. qui leur exhiba ses pleins pouvoirs, en même temps qu’ils lui exhibèrent les leurs ; et ils convinrent ensemble d’une deuxième réunion pour le 18, où l’échange en aurait lieu. À cette séance, Don F. de Castro, après cette formalité remplie, exposa l’objet de sa mission, indiqué d’ailleurs par ses pleins-pouvoirs, et qui était : « d’obtenir la remise au roi d’Espagne, du territoire de l’Est d’Haïti formant anciennement une des colonies de ce royaume. » Mais, sur les objections faites par les plénipotentiaires haïtiens et la discussion qui s’en suivit, Don F. de Castro, ne s’exprimant pas très-facilement en français, ni eux en espagnol, il leur demanda à traiter de la question par notes diplomatiques basées sur ses instructions : ce à quoi ils consentirent, et la séance fut levée.

Le 19, Don F. de Castro leur adressa une première note écrite en espagnol, où il déclara que les vues de son souverain étaient : « d’employer les moyens concilians et convenables aux sentimens qui l’ont toujours animé envers le gouvernement de l’État d’Haïti, pour faire rentrer sous sa domination paternelle, ceux de ses sujets qui résident » dans la partie espagnole de cette île ; et il fit l’historique des événemens qui s’y passèrent depuis, la cession faite à la France par le traité de Bâle, en 1795, jusqu’en 1821 où « le soulèvement de quelques factieux avait expulsé » les autorités locales, en substituant au pavillon