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vant vant d’aviser plus tard au payement du capital. Mais le gouvernement demanda, et M. Molien consentit, que le demi-droit stipulé en faveur des navires et du commerce français cessât définitivement à la fin de 1830. Le consul général s’empressa d’obtenir dû Président qu’il approuvât cette convention et la signât, comme les grands fonctionnaires l’avaient déjà fait. Ensuite, un projet de traité de commerce fut arrêté et signé aussi, le 16 avril, par les négociateurs respectifs.

Pour avoir dérogé ainsi aux clauses de l’ordonnance royale contenant l’ultimatum de son gouvernement, il a fallu que M. Molien eût toute latitude à cet égard. Du reste, il avait déjà résidé en Haïti, en qualité de consul au Cap-Haïtien ; il connaissait parfaitement l’exiguïté des ressources de la République, et de plus comment l’esprit public était opposé aux arrangemens pris avec la France : donner des facilités au gouvernement haïtien était d’une sage politique. Il expédia en France les actes qu’il avait souscrits. Le Président fit écrire en même temps au gouvernement français pour les appuyer, en exposant toujours la malheureuse situation du pays.

Nous dirons bientôt ce qui eut lieu entre les deux gouvernemens, par suite de l’accord entre celui d’Haïti et le consul général.

Dans les premiers mois de 1828, le bruit avait couru à l’étranger, que l’Espagne faisait préparer à la Havane une expédition militaire pour venir s’emparer de la partie de l’Est d’Haïti. On disait qu’un amiral Laborde aurait le commandement de la flotte qui transporterait les troupes. Ce bruit, répandu dans l’Est, y avait occasionné une certaine émotion ; et bien que Boyer ne le crût pas fondé, il avait jugé prudent d’y faire passer plusieurs régimens de l’Ouest