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qui éleva ses avances à 4,848,905 fr. jusqu’au 1er juillet 1828, desquelles avances M. Laffitte fut ensuite remboursé par le trésor royal, considéré comme garant de cette somme par l’intervention du ministre des finances, sauf à répéter contre Haïti.

Boyer adhéra à la combinaison de M. Laffitte, qui resta chargé de la proposer au gouvernement français, et M. Larréguy retourna en France où il arriva en janvier 1828. Déjà, le ministère présidé par M. de Villèle était renversé, et le comte Roy remplaça ce dernier pour les finances. Sur la proposition faite par M. Laffitte, ce ministre composa une commission qu’il présida et dont faisaient partie M. Laîné, le baron Portal, le duc de Lévis, etc., pour examiner la combinaison. Elle fut acceptée, après quelques délais ; mais alors, on apprit en France que le Président y envoyait un agent avec de nouvelles propositions. Ce fut M. Saint-Macary qui avait été membre de la Chambre des communes et qui était en ce moment chef des bureaux du secrétariat des finances ; il arriva à Paris au mois d’octobre 1828. Le ministère désigna MM. Esmangart et Pichon pour l’entendre et arriver à une convention.

Elle ne put aboutir. M. Saint-Macary était chargé de proposer diverses choses : 1° que la République affecterait 6 millions de francs par an, pour l’indemnité et l’emprunt, payables en denrées au cours, en Haïti ; 2° les 6 millions payables en denrées remises en France, mais affranchies de tous droits ; 3° 5,800,000 fr. par an, durant vingt années consécutives, après quoi elle serait entièrement libérée des deux dettes ; 4° enfin, 5 millions payables en France, à la charge par le gouvernement français de les appliquer au service de l’indemnité et de l’emprunt jusqu’à leur extinction. Ces diverses propositions, successivement