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On a vu qu’en envoyant au Havre, un agent chargé de vendre les denrées qui y furent expédiées, le gouvernement n’avait pu faire payer aux porteurs de ses obligations que peu d’intérêts de l’emprunt, et qu’il avait aussitôt rappelé son agent à cause du mauvais résultat de cette combinaison commerciale[1]. L’année 1827 allait s’écouler sans qu’il pût pourvoir au service de cet emprunt, malgré les nouvelles lois sûr les douanes, puisqu’il avait dû recourir au papier-monnaie pour payer les services publics à l’intérieur. Dans cet état de choses, la maison Laffitte, qui avait été substituée à celle de MM. Ch. Ternaux ; Gandolphe et compagnie pour l’emprunt, imagina d’envoyer à Haïti, sur la fin de 1827, M. Larréguy, son agent, chargé de s’entendre avec le gouvernement pour trouver une solution aux embarras de la République. Elle consistait à ce que celle-ci consacrât, chaque année, une somme de 6,500,000 fr. pour payer le service de l’emprunt et les intérêts des 120 millions restans de l’indemnité, à 3 pour cent, jusqu’à entière libération de l’emprunt, puis à reporter le tout au service de l’indemnité. Dans cette combinaison, le gouvernement français aurait contracté une convention avec celui d’Haïti à ce sujet, et il se serait substitué ainsi aux droits des prêteurs pour contraindre Haïti à remplir ce nouvel arrangement. Déjà, M. de Villèle, qui avait patroné l’emprunt, avait autorisé ou engagé M. Laffitte à payer les intérêts échus et à échoir, et les tirages du 1er juillet 1827 et du 1er janvier 1828 : ce

    audacieux en Gédéon. Ils ne furent pas moins estimables sous le rapport du patriotisme. Nous avons parlé d’eux assez souvent dans le cours de cet ouvrage, pour nous dispenser ici de nous étendre sur leur vie, abrégée trop tôt pour leur pays qu’ils servaient avec zèle dans les arrondissemens du Cap-Haïtien et de Léogane.

  1. Pour opérer ces envois de denrées au Havre, le gouvernement en faisait acheter sur les places d’Haïti : ce qui entravait les opérations des commerçans.