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une de ses colonies et qu’elle la faisait garder comme les autres. Des navires de guerre de la Grande-Bretagne paraissaient souvent aussi dans les ports où des consuls de cette puissance étaient établis ; mais ils ne suscitaient point d’observations, parce que les opposans ne voyaient aucune autre intention en cela, qu’une surveillance exercée à l’égard des Français : tant l’esprit d’opposition à tout gouvernement est ingénieux à trouver des motifs ou des prétextes à toute chose ! Dans une telle situation, il était presque impossible qu’une tentative n’eût pas lieu contre l’autorité et la personne de Boyer ; et nous allons dire, avec notre franchise ordinaire et notre entier dévouement à la vérité historique, toutes les fois que nous pouvons la saisir, ce qui, selon nous, aura le plus contribué à l’affaire du mois de juin de cette année.

Déjà, dans le précédent chapitre, nous avons dit que le général Borgella avait manifesté publiquement sa désapprobation de l’acceptation de l’ordonnance française, à cause de ses termes, sans calculer ce que l’autorité de son opinion pouvait avoir d’influence sur l’opinion publique, sur celle des militaires surtout dont il était généralement fort estimé. L’Opposition, sachant cela, avait colporté ses paroles pour mieux accuser le Président : elle crut même pouvoir compter sur lui en cas d’un événement politique qui était dans le goût et les aspirations des réformateurs ; mais elle était complètement dans l’erreur ! Jamais il ne se fût prêté, ni à seconder de pareils desseins, ni à profiter de leur résultat. Il l’a prouvé en 1843 ! Mais ce que l’on ignore, ce que nous allons consigner ici, c’est qu’en décembre 1826, il s’y refusa d’une manière absolue.

Le général Quayer Larivière se trouvait à l’assemblée des généraux dont nous avons parlé au chapitre précédent. À