Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 10.djvu/62

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


crétaireries d’Etat comme le réclamaient les divers services publics ; et c’est avec raison que le proverbe dit : « Le mieux est l’ennemi du bien[1]. »

  1. Dans ses Mémoires, page 76, lnginac parle de cette intention de reviser la constitution et d’un projet qu’il soumit à Boyer. Mais quand il dit à ce propos : « Il était facile d’obtenir sans commotion cette révision, parce que l’état du pays était tranquille, » il n’a pas été dans le vrai, car lui-même a pris soin de parler des difficultés de la situation.

    J’ai eu occasion de lire un des projets soumis à Boyer : j’ignore quel en fut l’auteur, mais ce ne fut pas celui d’Inginac. On y proposait de substituer au titre de Président d’Haïti, celui de Grandeur, et de qualifier ce premier magistrat de Monseigneur, etc. C’est à cette époque que l’Opposition imputa à Boyer le désir de se faire Roi d’Haïti pour être l’égal de Charles X. De bonne foi, Boyer valait mieux que certains de ses détracteurs.