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chaque citoyen. » Cependant « les personnes dont les revenus ou les produits de l’industrie n’atteindraient pas la somme de 60 gourdes ne pourraient être taxées moins d’une gourde et demie. » — À l’égard de ces contributions spéciales, nous avons déjà dit qu’elles n’atteignirent point le but que le fisc se proposait : il faut donc s’en tenir aux autres contributions directes qui restèrent permanentes.

Parmi elles, les mieux assises, sans contredit, étaient celles que le fisc percevait dans les douanes, au moment de l’exportation des denrées à l’étranger, sans que les contribuables s’en doutassent même ; car on ne leur demandait rien, à eux personnellement, tandis que leurs produits avaient été payés dans le commerce, par les spéculateurs en denrées ou les négocians, à raison des sommes que les expéditeurs seraient tenus de verser au trésor public, pour « l’impôt territorial et le droit d’exportation. » — Cependant bien des gens ont souvent blâmé le gouvernement d’asseoir ainsi cette vraie « contribution foncière, » en prétendant que c’était « nuire à la production agricole, l’entraver, empêcher son dé veloppement, etc. » Ce sont surtout des commerçans qui tenaient ce langage, parce qu’ils y trouvaient une augmentation de frais dans leurs expéditions, dont ils n’auraient pas voulu charger leurs comptes. — À cela, on n’a eu qu’à leur répondre : qu’il faut prendre le pays tel qu’il est, avec les embarras du gouvernement pour trouver des agents assez généralement éclairés, actifs et zélés, pour percevoir intégralement la contribution foncière qui eût été établie sous une autre forme, et des contribuables disposés à la bien payer.

Ce qui s’est toujours passé à l’égard de l’impôt foncier,