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À la nouvelle, organisation des troupes de ligne, le Président avait saisi cette circonstance pour congédier du service un grand nombre de soldats qui y comptaient vingtcinq années. Le 28 juin il publia un arrêté qui ordonna un recrutement général dans la République, afin de, compléter les cadres. Cette opération fut confiée aux soins des commandans d’arrondissement, comme par le passé en pareil pas, et il leur fut recommandé « de ne pas enrôler les homme qui travaillaient à la culture de la terre, les employés au service publie, ni les hommes mariés. » — Le recrutement fut toujours une mesure laissée à l’arbitraire de l’autorité militaire, le défaut d’états de population n’ayant jamais permis au gouvernement de la régler sur l’âge des citoyens. Aux exceptions indiquées pour la première fois dans cet arrêté, d’autres exceptions furent ajoutées par une loi de 1841 ; alors on congédiait les hommes qui avaient dix-huit années de service militaire, et successivement ce service devait se borner à douze années.

Trois mois étaient à peine écoulés depuis que le gouvernement avait expédié en France tous les fonds qui existaient au trésor national, que le service public ne pouvait être payé par l’insuffisance des revenus : la faveur du demi-droit accordée au commerce français, tant à l’importation qu’à l’exportation, en était la principale cause. Dans de telles circonstances, le gouvernement devait y pourvoir par le seul moyen qui se présentait ; c’était une impérieuse obligation qui lui incombait. Cet état de choses se compliquait par la crise financière et commerciale qui se faisait sentir en Europe et aux États-Unis depuis 1825, et qui réagissait en

    gieuse : cet individu eut le temps d’être couronné et de recevoir une serpe en prix, avant qu’il eût été reconnu par les membres du conseil de notables dont plusieurs étaient commercans.