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dant lequel les Français devront jouir en Haïti, sur leurs navires et leurs productions ou marchandises, de la faveur du demi-droit, et de faire cesser l’extension onéreuse qui, jusqu’ici, a étendu cet avantage sur les droits dus pour l’exportation des denrées et productions du sol d’Haïti.

» D’après le développement de ma pensée, que je viens de manifester dans l’intérêt aussi bien que pour l’honneur d’Haïti, je désire, citoyens sénateurs, avoir l’opinion motivée du Sénat. Je viens donc la réclamer, et vous reconnaîtrez dans cette nouvelle démarche combien je désire donner du poids, ou de la stabilité à toutes les démarches du gouvernement d’Haïti, pour fortifier de plus en plus la prospérité nationale.

» J’ai l’honneur, etc.
Signé : Boyer.


Ce ne fut qu’un mois et demi après, le 13 septembre, que le Sénat répondit à ce message ; probablement, les sénateurs présens à la capitale n’étaient pas en nombre suffisant pour former la majorité, et on en aura mandé d’autres pour la délibération.

Le Sénat dit au Président : qu’il était d’avis qu’il fallait s’entendre avec le gouvernement français pour fixer l’époque, où le demi-droit, à l’importation, devait cesser ; mais que, quant à l’exportation, cette faveur devait être immédiatement supprimée.

Malgré l’opinion du Sénat sur ce dernier point, la mesure ne fut pas prise, parce que le Président fit écrire de nouveau au gouvernement français, en même temps que M. Maler lui demandait de nouvelles instructions sur la double question du demi-droit. Les choses ayant traîné en longueur, on verra ce qu’imagina le gouvernement haïtien, en 1827, pour atteindre le but qu’il se proposait.