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abandonnés à l’arbitraire des interprétations. Mon devoir me prescrivait de réclamer des explications : je les ai demandées. Les commissaires… sont de retour… Les clauses essentielles de la convention qu’ils m’ont remise, ne s’accordant pas exactement avec les intérêts d’Haïti, la prudence a commandé de ne rien conclure à cet égard, dans l’espoir fondé que des explications ultérieures amèneront le résultai désiré… Cependant, dans l’état des choses, je me dois à moi-même, je dois à mon pays, au monde entier, de déclarer solennellement le sens d’après lequel le gouvernement d’Haïti a accepté l’ordonnance du 17 avril :

« Libre et indépendante de fait depuis vingt-deux années, Haïti n’a vu dans cette ordonnance que l’application à son égard d’une formalité pour légitimer aux yeux des autres nations le gouvernement d’un peuple qui s’est constitué en Etat souverain. C’est cette formalité, d’où résulte la renonciation du Roi de France, pour lui, ses successeurs et ayant-cause, à toute souveraineté sur le territoire de la République, que nous avons obtenue en compensation d’une indemnité dont le premier payement a été effectué, comme les autres le seront religieusement aux termes convenus. La présente législature, en déclarant cette indemnité dette nationale, vient de donner une nouvelle preuve de la garantie offerte par la République de la bonne foi de son gouvernement. Ainsi, il ne peut exister dans l’opinion du monde le moindre doute que ce ne soit là la seule interprétation raisonnable de l’ordonnance reconnaissant l’indépendance d’Haïti : interprétation qui, d’ailleurs, s’accorde naturellement avec les précédens manifestes du gouvernement. »

« Citoyens ! la déclaration de votre premier magistral est en harmonie avec votre inébranlable détermination,