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MM. Daumec, Rouanez et Frémont eurent à discuter avec des commissaires du roi de France, une simple « convention de commerce et de navigation, » seul acte que le gouvernement français voulut faire avec Haïti, et qui contenait encore au moins autant de clauses incompatibles avec son honneur et sa dignité, que l’ordonnance du 17 avril 1825. Bien qu’ils se persuadassent que Boyer ne la ratifierait pas, à raison de sa teneur et des circonstances politiques du pays, ils consentirent néanmoins à signer cette convention le 31 octobre, pour terminer la discussion qui durait depuis plus d’un mois, et afin de pouvoir se livrer entièrement aux négociations de l’emprunt qu’ils étaient chargés de contracter et dont les obligations allaient exiger d’eux un travail long pour les signer, etc. Le 4 novembre, l’emprunt fut adjugé à des banquiers représentés par MM. Ch. Ternaux, J. Gandolphe et compagnie, au taux de 80 pour cent et à 6 pour cent d’intérêt par an.

Il fallait verser à la caisse des dépôts et consignations, à Paris, la somme de trente millions de francs pour le premier terme de l’indemnité, et les instructions de Boyer aux commissaires haïtiens portaient qu’ils ne devaient souscrire des obligations que pour cette somme[1]. Or, au taux que fut contracté l’emprunt, les prêteurs donnant 800 francs, recevaient une obligation de 1,000 fr. ; de sorte, qu’ils ne déboursèrent effectivement que 24 millions de francs et reçurent des obligations pour trente millions, signées de MM. Rouanez et Frémont, qui se renfermèrent

    maines après. Par les soins de ses collègues, son corps fut embaumé ; et quand sa famille le fit porter à Haïti, Boyer ordonna qu’à ses obsèques on rendît à Daumec les honneurs dus à sa fonction sénatoriale et au rang de plénipotentiaire qu’il avait dans sa mission.

  1. Il parait que le Président croyait que l’emprunt se ferait au pair, que ses envoyés recevraient 30 millions en espèces, contre 30 millions en obligations souscrites par eux : autrement, on ne comprendrait pas cette limitation dans leurs instructions.