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que dans la matinée du 3 que les plénipotentiaires haïtiens le virent et lui dirent ce qui avait eu lieu la veille ; il partagea leur espoir. Mais, dans l’après-midi, il reçut de MM. de Las Cases et Baudin une lettre par laquelle ils lui disaient que, d’après la discussion du 2, ils reconnaissaient qu’il serait impossible de s’entendre ; que leurs instructions étaient positives au sujets des 70 millions et qu’ils ne pouvaient consentir à moins. Le Président manant aussitôt les plénipotentiaires haïtiens pour leur communiquer cette lettre ; ils l’engagèrent à ne pas céder sur ce chiffre, à laisser marcher encore la négociation : ce qui fut résolu.

À l’ouverture de la 3e conférence, le 5 février, M. de Las Cases revint sur le 2e article du traité politique disant : « Il y aura paix constante et amitié perpétuelle entre la France et la République d’Haïti, ainsi qu’entre les citoyens des deux États, sans exception de personnes ni de lieux. » Il demanda que le République prit l’engagement d’interdire, aussi longtemps que le gouvernement français le jugerait nécessaire, tout rapport entre les navires et les citoyens haïtiens et les colonies françaises. M.S. Villevaleix, au nom de ses collègues, y consentit moyennant la réciprocité ; c’est-à-dire qu’il fût interdit aux navires et citoyens des colonies françaises de venir dans les ports d’Haïti. M. Baudin, en y adhérant comme son collègue, fit observer cependant que celle interdiction ne devrait pas s’étendre aux navires français qui, venant des ports de France ou d’autres lieux auraient touché aux colonies françaises avant de venir à Haïti. Le général Inginac et le sénateur Ardouin répondirent qu’il en était ainsi déjà, et rappelèrent que le Président d’Haïti, par une proclamation publiée en 1823, avait interdit toutes relations entre les citoyens et les navires haïtiens et les diverses colonies des