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Dans la matinée du 31, les plénipotentiaires haïtiens se réunirent chez le général Inginac, et notifièrent leurs pouvoirs à MM. de Las Cases et Baudin. Il fut convenu entre eux, qu’à la première séance, on se bornerait à l’échange des pouvoirs, à entendre les plénipotentiaires français qui venaient répondre à des propositions formulées depuis cinq ans par le gouvernement haïtien, à prendre note de ce qu’ils diraient contre ces propositions pour être examiné, afin d’être d’accord sur les réponses à faire en engageant les discussions : le grand nombre de cinq négociateurs, du côté d’Haïti, semblait exiger ces précautions. Il fut répondu à leur notification de pouvoirs, que MM. de Las Cases et Baudin désiraient que les conférences s’ouvrissent dès le lendemain matin.

On se réunit, à cet effet, à l’hôtel de la secrétairerie d’État qui, placé au fond d’une cour, et n’étant pas habité par M. Imbert, offrait plus d’avantage pour les conférences. Après l’échange des pouvoirs respectifs, M. de Las Cases lut le préambule d’un traité unique qui devait contenir la reconnaissance de notre indépendance, et les consentions relatives au solde (à fixer) de l’indemnité el au commerce : l’ordonnance de 1825 y était mentionnée. Puis il lut le 1er article de ce projet, ainsi conçu : « Il y aura paix constante et amitié perpétuelle entre la France et la République d’Haïti, dont S. M. le Roi des Français reconnaît expressément l’indépendance. »

Selon ce qui avait été convenu entre les plénipotentiaires haïtiens, ils devaient laisser continuer la présentation de toutes les propositions des plénipotentiaires français ; mais le général Inginac entama aussitôt la discussion, et sur le préambule et sur cet article 1er, en demandant que deux traités, l’un purement politique, l’autre financier, réglassent