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demandait une audience en particulier, afin de lui faire connaître intimement les intentions de son gouvernement ; il lui écrivit même que l’article 1er du traité à conclure porterait « la reconnaissance de la République d’Haïti par la France, comme État indépendant, sans aucune condition. » M. de Las Cases dit encore à l’aide de camp, qu’en voyant Boyer, il avait conçu pour lui autant de respect qu’il en portait au Roi des Français. Ces paroles furent rapportées fidèlement au Président qui consentit à recevoir M. de Las Cases en particulier, le lendemain dans la soirée.

Mais il avait fait inviter le général Inginac, les sénateurs Frémont, Labbée et B. Ardouin, et M.S. Villevaleix aîné, chef dés bureaux de la secrétairerie générale, à se rendre au palais dans la matinée du 30. Il leur dit qu’il les choisissait comme plénipotentiaires pour traiter avec ceux du roi des Français[1]. Déjà, par ses ordres, M. E. S. Villevaleix jeune, son secrétaire particulier, désigné pour être celui des plénipotentiaires haïtiens, avait préparé le projet des pleins-pouvoirs et des instructions qui leur seraient donnés. Lecture en fut prise, ainsi que de la lettre de MM. de Las Cases et Baudin, du billet confidentiel du premier, et de leurs pleins-pouvoirs.

D’après ce qui s’était passé en 1825 et dans les négociations subséquentes, dans lesquelles le Président était souvent intervenu pour discuter personnellement avec les agents français, en l’absence des négociateurs haïtiens ; voyant en outre que M. de Las Cases, par son billet confidentiel, essayait d’ouvrir une négociation particulière, et

  1. Dès ce moment, j’ai eu l’idée de tenir des notes exactes de tout ce qui se passerait dans la négociation c’est ce qui m’autorise à relater bien des particularités essentielles que l’on ne trouve pas dans les procès-verbaux des conférences.