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Chambre des communes elle-même avait reconnu la nécessité de ces impôts, puisqu’elle les avait votés spontanément, malgré son opposition à la distinction établie en 1834 par la précédente législature, d’accord avec le pouvoir exécutif et le Sénat. Quant au Sénat, il devait être conséquent avec lui-même, en maintenant la distinction entre ce qui était des attributions de la Chambre et ce qui était de celles du Président d’Haïti, puisque ce fut sur ses propres observations : le seul moyen qu’il avait de le faire était de rejeter les deux lois. Mais cette décision, après le refus qu’il avait fait de convoquer la haute cour de justice, en 1833, sur la demande de H. Dumesle et D. Saint-Preux, fit naître entre ces deux branches du corps législatif une froideur qui éclata l’année suivante : ces deux représentans excitèrent la majorité de la Chambre des communes qu’ils influencèrent.

Le 9 août, par suite de sa proclamation sur la crise financière, et d’un ouragan qui venait de passer sur divers points du pays, le Président publia un arrêté pour enjoindre aux commandans d’arrondissement de faire faire des plantations de vivres de toute espèce, en grande quantité.

Peu auparavant, au mois de mai, la réorganisation du lycée national du Port-au-Prince avait eu lieu sous la direction intelligente et dévouée du citoyen P. Faubert, succédant à feu M. Saint-Macary. Le 2 septembre, la commission d’instruction publique améliora le régime de cet établissement par un nouveau règlement basé sur l’ancien ; et il continua de produire d’heureux résultats par les soins de son directeur.


Au moment où la clôture de la session allait porter le Sénat à s’ajourner, le Président d’Haïti crut devoir le consulter de nouveau sur les questions pendantes entre la