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Et Boyer rappela à cette occasion ses fréquentes instructions données aux autorités chargées de le seconder, afin de veiller à la plantation des vivres pour la subsistance du peuple. Il leur parla encore de ces soins qu’elles ne devaient pas négliger ; il dit aux citoyens, en général, qu’ils devaient se livrer au travail et observer une sage économie pour assurer des moyens d’existence à eux et à leurs familles, attendu que « d’ailleurs, des événemens inattendus pouvaient subitement interrompre les relations du commerce étranger avec la République… »

Le Président était fondé à tenir ce langage à la nation, pour la dissuader d’écouter celui de cette Opposition systématique qui ne visait qu’à obtenir une popularité dangereuse pour la société : systématique, en ce qu’elle reconnaissait elle-même que « des raisons d’État » commandaient, non « l’ajournement » de la réponse au message de la Chambre, mais le maintien de la loi qui faisait payer les droits d’importation en monnaies étrangères ; car les tribuns qui la dirigeaient, n’ignoraient pas que cette mesure avait été prise en vue de faciliter nos arrangemens avec la France, bien que le gouvernement eût dit que c’était pour améliorer le système monétaire du pays. Ils savaient que dans cette année, une somme de plus de 300 mille piastres avait été remise à la maison Ed. Lloyd et Cie, pour être expédiée en France. Leurs intimes relations avec le secrétaire d’État Imbert (personne ne l’ignore) les mettaient à même de savoir toutes les opérations financières de l’État.

Il est vrai ensuite que la sécheresse de 1837 fut extraor-

    leuses ont atteint une foule de personnes dans leurs moyens d’existence ; le café de ce pays, qui se vendait en Europe à 72 fr. les 100 kilogrammes, est tombé tout à coup à 50 fr., etc. Le gouvernement haïtien actuel « pouvait-il empêcher le mal » qui est résulté de toutes ces causés ?