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La session législative fut ouverte le 10 avril. Dans son discours, Boyer dit aux représentans : « Maintenant plus que jamais, il est de la dernière évidence que la nation veut jouir paisiblement des droits qu’elle a conquis, et qu’elle a une aversion prononcée pour les complots de l’ambition, comme pour les manœuvres de l’esprit de parti. Le résultat de l’affreux attentat commis au Cap-Haïtien par un petit nombre de pervers, est une preuve éclatante du bon sens du peuple, de son dévouement au bon ordre et de son attachement au gouvernement constitutionnel. Durant le cours de la dernière législature, d’utiles et importantes dispositions ont été adoptées… Ma sollicitude pour le bien public me fera rechercher avec persévérance tout ce qui pourra tourner à l’avantage de la République ; mais il est convenable de ne procéder qu’avec prudence et maturité. Ainsi, dans l’état actuel de la législation, je n’ai pas reconnu la nécessité de préparer de nouveaux projets de lois pour cette session. »

Chacun des représentans, comme le public, sentait que ces déclarations étaient motivées par la réélection de H. Dumesle et David Saint-Preux ; eux-mêmes ne se faisaient nulle illusion à cet égard. Mais, à raison de la récente révolte d’Izidor, si promptement réprimée par le concours des officiers militaires, l’autorité du Président de la République paraissant plus raffermie, les deux opposans durent s’étudier à user envers lui des formes les plus convenables dans cette situation, et propres cependant à ranger l’opinion publique de leur côté, par ces égards mêmes : tactique habile qu’ils employèrent dans deux autres sessions de la même législature.

La Chambre s’était constituée sous la présidence de