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table distribution de la justice, afin que ces délinquans n’eussent pas à supporter d’inutiles lenteurs dans leur situation pénible, et que la société elle-même fût satisfaite.

D’après une contestation survenue entre le directeur général de la poste et le consulat français, le gouvernement se vit obligé de faire publier un avis concernant les sacs aux lettres apportées de l’étranger. À l’arrivée des navires de France, ce consulat s’emparait des lettres et les faisait distribuer aux commerçans, au préjudice du fisc. L’avis eut pour objet de contraindre les capitaines des navires de toutes les nations à remettre leurs sacs à la poste, à les y prendre à leur départ, en exceptant de cette mesure la correspondance officielle des agents consulaires ; rien n’était plus juste.

Le 11 août, la session législative fut ouverte. Boyer expliqua à la Chambre des communes pourquoi il l’avait prorogée ; il parla de la régularité et de l’économie qui régnaient dans toutes les parties de l’administration des finances ; de l’ordre et de la tranquillité dont le pays jouissait, « en rendant à cet égard, dit-il, hommage à l’esprit de patriotisme de la grande majorité de la nation. » Et en exprimant sa satisfaction du concours qu’il avait trouvé de la part de la Chambre, il lui annonça qu’il ne lui proposerait que quelques lois pour coordonner les améliorations déjà faites à la législation.

J. Depa, président de la Chambre, répondit aux paroles du chef de l’État par le discours le plus concis, se bornant à lui donner l’assurance qu’elle marcherait en harmonie avec ses vues, rendant justice à sa sollicitude pour le bonheur public et faisant des vœux au ciel pour sa conservation. Cette fois, il ne fut pas question d’adresse à présenter par la Chambre : elle sembla reconnaître que c’était inutile.