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politique, tout est action et réaction, ce calme profond était le précurseur d’un grave événement et d’agitations nuisibles à la prospérité du pays. C’était encore de la Chambre des communes que ces agitations allaient sortir, au renouvellement de la législature : son adresse au pouvoir exécutif, qu’on a lue au chapitre précédent, prouvait que désormais ce pouvoir serait l’objet de ses remontrances.

En attendant le moment d’en parler, citons, comme toujours, les actes les plus remarquables du gouvernement ; car il en est beaucoup que nous devons nécessairement omettre, parce qu’ils sont purement administratifs.

Le 2 février, une proclamation du chef de l’État prorogea la session législative au 8 août suivant. Le motif de cette prorogation était l’espoir qu’il avait, que le gouvernement français se fût décidé à entrer dans un arrangement définitif avec la République avant cette époque, et il se réservait d’en entretenir la 4e législature qui allait terminer son mandat dans cette session.

Dans le même mois de février, le Président crut devoir lui-même adresser une circulaire aux tribunaux civils, pour leur expliquer les motifs des changemens introduits dans la procédure civile, par le nouveau code, lesquels changemens n’avaient eu lieu, en grande partie, que sur leurs propres observations. Il leur recommanda sur toute chose, d’éviter de favoriser l’esprit de chicane des avocats ou défenseurs publics contre lequel il était toujours prévenu (avec une certaine raison), afin que l’intérêt des familles n’en souffrît pas. Au mois d’avril, Boyer leur adressa une autre circulaire dans le même but, par rapport aux nouveaux codes pénal et d’instruction criminelle, cette dernière recommandant aux magistrats de veiller à l’accélération de l’instruction des procès faits aux délinquans, à une équi-